Habiter en oiseau

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Qu’est-ce que serait un territoire du point de vue des animaux? Vinciane Despret mène l’enquête auprès des ornithologues.

Car ce qui l’intéresse surtout, c’est d’observer la naissance et le développement de l’intérêt que les scientifiques portent aux oiseaux.
Où l’on voit alors que, plus on étudie les oiseaux, plus les choses se compliquent. De nouvelles manières de faire territoire apparaissent, bien plus complexes que les ornithologues ne pouvaient l’imaginer. Et si ces manières n’étaient que du spectacle, des parades dont personne n’est vraiment dupe ? Et si ce n’était qu’un jeu, pour “faire semblant” ? Et si l’on prêtait attention au fait que les territoires sont toujours collés les uns aux autres ? Ne seraient-ils pas, alors, une façon pour les oiseaux de continuer à vivre ensemble en étant autrement organisés ?
Sous la plume de Vinciane Despret, oiseaux et ornithologues deviennent intensément vivants et extrêmement attachants. À l’issue de ce livre, on ne devrait plus considérer la notion de territoire comme allant de soi. Et l’on n’entendra peut-être plus de la même façon les oiseaux chanter.

Habiter en oiseau est paru chez Actes Sud en Octobre 2019.

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Composer avec les moutons

composer-avec-les-moutonsSi les moutons traînent derrière eux une réputation d’animaux stupides, c’est la faute de Panurge. Or les moutons n’adoptent de comportement « moutonnier » que lorsqu’ils sont d’accord et y trouvent de l’intérêt : il n’y a pas de moutons idiots, juste des animaux « mal élevés ». Une philosophe et un écologue ont retracé, avec une dizaine de bergers, une aventure rarement évoquée, celle où des animaux apprennent à des humains à leur apprendre. Leur objectif : comprendre comment cet apprentissage se construit.
Cet ouvrage révèle un fait peu connu : bergers et brebis sont engagés dans une conversation permanente, faite d’apprentissages réciproques et de respect. Ensemble, ils créent de la cohérence et cultivent l’idée de ce que peut être la possible beauté du monde. Les moutons font mieux : ils réalisent cette idée. Et ils le font, notamment, en mangeant.
Composer avec les moutons, voilà ce qu’apprennent à faire, au quotidien, ces bergers. Humains et animaux s’engagent ensemble dans la création, non seulement d’un accord, mais également d’un éthos des manières d’habiter le monde. Tout un art de reconstruire l’étoffe un peu partout abîmée des continuités sensorielles. C’est cela aussi, composer avec les moutons.

Composer avec les moutons est paru aux éditions Cardere en janvier 2016.

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Au bonheur des morts

Au bonheur des morts est paru en ce début octobre!

aubonheurdesmorts« Faire son deuil », c’est l’impératif qui s’impose à tous ceux qui se trouvent confrontés au décès d’un proche. Mais se débarrasser de ses morts est-il un idéal indépassable auquel nul ne saurait échapper s’il ne veut pas trop souffrir ?

Vinciane Despret a commencé par écouter. « Je disais : je mène une enquête sur la manière dont les morts entrent dans la vie des vivants ; je travaille sur l’inventivité des morts et des vivants dans leurs relations. »

Une histoire en a amené une autre. « J’ai une amie qui porte les chaussures de sa grand-mère afin qu’elle continue à arpenter le monde. Une autre est partie gravir une des montagnes les plus hautes avec les cendres de son père pour partager avec lui les plus beaux levers de soleil. À l’anniversaire de son épouse défunte, un de mes proches prépare le plat qu’elle préférait, etc. »

L’auteure s’est laissé instruire par les manières d’être qu’explorent les morts et les vivants, ensemble ; elle a appris de la façon dont les vivants qu’elle a croisés se rendent capables d’accueillir la présence des défunts. Chemin faisant, elle montre comment échapper au dilemme entre « cela relève de l’imagination » et « c’est tout simplement vrai et réel ».

Depuis un certain temps les morts s’étaient faits discrets, perdant toute visibilité. Aujourd’hui, il se pourrait que les choses changent et que les morts deviennent plus actifs. Ils réclament, proposent leur aide, soutiennent ou consolent… Ils le font avec tendresse, souvent avec humour.

On dit trop rarement à quel point certains morts peuvent nous rendre heureux !

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La réflexivité: De la vertu épistémologique aux versions mises en rapports, en passant par les incidents diplomatiques

Dans cet article rédigé avec François Thoreau, nous proposons la mise en œuvre d’un dispositif d’enquête que nous qualifions de « diplomatique ». L’objet de cette enquête est la question de la réflexivité des scientifiques. Tout au long de l’article, nous explorons avec les scientifiques que nous avons rencontrés différents modes sur lesquels peut se décliner cette « réflexivité ». Toutefois, chacun de ces modes nous invite à considérer plusieurs manières de partager ce problème et de le construire avec eux. Chemin faisant, il n’y a donc pas que la question de la réflexivité qui bifurque, mais également le sens même de l’approche diplomatique pour laquelle nous avons opté. C’est à cette exploration conjointe des significations de la réflexivité des scientifiques et des modalités de la diplomatie que nous convions le lecteur.

L’article vient de paraître dans la Revue d’anthropologie des connaissances. Il peut être intégralement consulté et téléchargé en cliquant ici.

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Les « morts utiles », revue Terrain

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« Les morts utiles », dernier numéro de Terrain, avec des articles superbes de Magali Molinié, Alexa Hagerty, Joël Noret, Olivier Alllard, et bien d’autres encore.

La table des matières complète est disponible ici, et le texte intégral est accessible en ligne. Les articles peuvent être téléchargés en PDF pour les universités abonnées (dont l’ULB, où je salue mes ami.e.s en passant).

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Wallonne de l’année!

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

C’est avec plaisir et honneur… Allons, trêves de discours, foin de la modestie: j’ai été élue Wallonne de l’année 2013!

11cc72621196b0df3a5112517321231eLa philosophe, psychologue et éthologue de l’Université de Liège Vinciane Despret s’est vu attribuer le Prix Bologne-Lemaire de Wallonne de l’année 2013, indique mardi soir l’Institut Destrée. L’objet de ce prix, décerné depuis 1996, consiste à honorer une personne « qui, par son action sociale, économique, politique ou culturelle a le mieux servi les intérêts de la société wallonne ». Vinciane Despret succède à l’économiste, professeur et expert Roland Gillet.

Spécialisée en éthologie, Vinciane Despret est chef de travaux à l’Université de Liège, maître de conférences à l’Université libre de Bruxelles et participe à de nombreux colloques et études portant notamment sur la relation du scientifique à l’animal, objet de son étude.

Dans son dernier ouvrage (« Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? « ), la lauréate « bouscule nos idées reçues et montre, avec beaucoup d’humour, combien mammifères et oiseaux sont plus intelligents que nous le croyons », explique l’Institut Destrée.

Le jury, composé des anciens lauréats du prix, a surtout été sensible « à la manière brillante dont elle vulgarise ses connaissances pluridisciplinaires grâce à des questionnements très pertinents qui interrogent l’être, la citoyenneté, la nature et la société. Le jury a également été très attentif au rayonnement international auquel Vinciane Despret contribue en valorisant ses travaux – et par là son université et sa région – à l’étranger. »

Elle succède notamment à Luc et Jean-Pierre Dardenne, Philippe Suinen, Jean-Michel Saive, Bernadette Mérenne-Schoumaker, Benoit Coppée, Marie-Cécile Bruwier ou encore Jean-Michel Foidart.

On en parle dans La Libre et à la RTBF.

« Cette façon de mettre tous les animaux dans le même sac, je trouve cela inquiétant. Dire « les animaux sont différents des hommes« … Mais on parle de qui? De la tique, du bonobo, de l’araignée, du poisson? Et puis, des quels humains parle-t-on? Des hommes? Des femmes? Et de quelle culture? Et est-ce qu’ils sont d’accord qu’on les différencie des animaux? Bref, je pense que c’est aller un peu vite en besogne et que c’est un universel qui s’impose un peu trop rapidement ».

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Vinciane va encore faire des histoires

FEG_visuel2014Le vendredi 7 mars à 20h au Centre culturel de Seraing,

Vinciane DESPRET … Vinciane va encore faire des histoires !

Perforconférence :  A one thousand and one women show 

Une conférence spectacle d’hommage aux femmes qui ont su faire des histoires, à ces mille et une femmes qui n’ont pas accepté ce qu’on raconte d’habitude, à celle qui a montré que les rattes n’ont pas une sexualité vertueuse, à celle qui a découvert que les femelles chez les babouins ne sont pas des suivantes soumises, à celle qui dit que les hommes ont inventé beaucoup de choses mais qu’ils auraient aussi bien fait de s’abstenir, à ces mille et une femmes qui ne s’en sont pas laisser conter mais ont proposé de faire des histoires et, surtout, d’autres histoires.

Dans le cadre du Festival « Femmes en états de Guerre », organisé par le Centre culturel de Seraing. Le programme complet est disponible ici.

Entrée : 3 €

Infos/Réserv :
04/337.54.54
Centre culturel de Seraing
44, rue Renaud Strivay
4100 Seraing

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From secret agents to interagency

Secret_Agent_Man__by_LiteFireDarkSome scientists who study animals have emphasized the need to focus on the “point of view” of the animals they are studying. This methodological shift has led to animals being credited with much more agency than is warranted. However, as critics suggest, on the one hand, the “perspective” of another being rests mostly upon “sympathetic projection,” and may be difficult to apply to unfamiliar beings, such as bees or even flowers. On the other hand, the very notion of agency still conveys its classic understanding as intentional, rational, and premeditated, and is still embedded in humanist and Christian conceptions of human exceptionalism. This paper seeks, in the first part, to investigate the practical link between these two notions and the problems they raise. In the second part, following the work of two historians of science who have revisited Darwin’s studies of orchids and their pollinators, it will observe a shift in the meaning of the concept of agency. Indeed, creatures may appear as “secret agents” as long as we adopt a conventional definition of agency based on subjective experience and autonomous intention. However, when reframed in the terms of “agencement”—an assemblage that produces “agentivity”— agency seems to be much more extensively shared in the living world. We will then explore some of the concrete situations in which these agencements are manifested, and through which creatures of different species become, one for another and one with another, companion-agents. Read the full paper.

Keywords: animals, agency, perspective, agencement, co-evolution, affinities

This paper is published in History and Theory, Issue 52 (December 2013), pp. 29-44.

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SMATCH[3] Même si vous tremblez de peur, introduisez votre tête avec calme

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Cette création collective basée sur une écriture contemporaine a été imaginée par Dominique Roodthooft avec Joël Bosmans, Isabelle Dumont, Pierre Kissling, Raoul Lhermitte et Mieke Verdin en collaboration avec des scientifiques et des philosophes : Vinciane Despret (philosophe), Vincent Geenen (endocrinologue), Csilla Kemenczei (psychanalyste jungienne), Vincent Moreau (physicien), Pieter De Buysser (philosophe et artiste).

En permanence à la recherche de nouvelles formes théâtrales, Dominique Roodthooft poursuit son exploration des territoires entre art et science pour démonter les mécanismes humains : après SMATCH [1] Si vous désespérez un singe, vous ferez exister un singe désespéré et SMATCH [2] Push up daisies (ou) manger les pissenlits par la racine ?, ce troisième laboratoire d’idées fouille les mécanismes biologiques à la base des instincts de pouvoir de l’être humain.

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© Raoul Lhermitte / photo de répétition

SMATCH [3], est un spectacle poétique et joyeux qui interroge, au travers de l’anatomie et de la philosophie, la question du pouvoir – qui peut soit entraver soit renforcer la liberté de l’être humain – avec au bout de compte, l’intention de  faire honneur à sa puissance créatrice plutôt qu’à son pouvoir d’adaptation.

Télécharger la présentation complète. On en parle aussi dans la presse (Le Soir du 4/12/13).

À vos agendas!

Création à Mons – Théâtre le Manège, les 5, 6 et 7 décembre 2013 à 20h

Bruxelles – KVS, les 30, 31 janvier et 1er février 2014 à 20h30

Liège – Théâtre de Liège, le 16 février à 14h puis du 18 au 22 février 2014 à 20h00 (le 19 à 19h00)

À noter!!!

Rencontre avec le public après la représentation du 7 décembre à Mons (21h30), en présence de l’équipe artistique et de Vinciane Despret. Réservation : tickets@lemanege-mons.be / +32 (0) 65 39 59 39.

Plus d’informations

Pour plus d’informations, contactez Le Corridor au 04 227 77 92.

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