« Questions morales, questions animales », dans Science & Avenir

Oh non, encore un ! Après « Pourquoi les manchots n’ont pas froid aux pieds ? », « Mais qui mange les guêpes ? », « Pourquoi les vaches ne peuvent-elles pas descendre les escaliers? » – entre autres -, encore un livre de vulgarisation scientifique articulé autour de questions aussi absurdes qu’intrigantes ? Oui… et non. Car si la forme n’est pas originale et commence à devenir lassante, le fond, lui, est un sérieux coup de balai dans le monde de l’éthologie. Il se distingue nettement de la masse bêlante des autres ouvrages s’intéressant à la question animale. Parcourir les chapitres érudits et doucement ironiques de sa philosophe d’auteure, c’est comme traverser le miroir, adopter un autre point de vue et remettre en question toutes les expériences abordées ici avec un regard neuf. Repenser par exemple la notion de hiérarchie entre animaux qui nous semblait pourtant gravée dans le marbre. Considérer autrement celle de l’infanticide ou de la moralité. Plus globalement, sortir de cette vision mécaniste (voire purement alimentaire) que nous avons aujourd’hui de l’animal, et réaliser que ce n’est pas parce que deux animaux appartiennent à une même espèce que leur comportements et leurs caractères seront forcément semblables. Et que cette donnée, ajoutée à celle de l’interprétation du scientifique — pas forcément semblable non plus à celle d’un autre scientifique — complique singulièrement les travaux en éthologie et leurs conclusions. Disons-le franchement, après avoir lu ces histoires animales, on se sent moins bête.

Une recension de Hervé Ratel

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