Habiter en oiseau

9782330126735

Qu’est-ce que serait un territoire du point de vue des animaux? Vinciane Despret mène l’enquête auprès des ornithologues.

Car ce qui l’intéresse surtout, c’est d’observer la naissance et le développement de l’intérêt que les scientifiques portent aux oiseaux.
Où l’on voit alors que, plus on étudie les oiseaux, plus les choses se compliquent. De nouvelles manières de faire territoire apparaissent, bien plus complexes que les ornithologues ne pouvaient l’imaginer. Et si ces manières n’étaient que du spectacle, des parades dont personne n’est vraiment dupe ? Et si ce n’était qu’un jeu, pour “faire semblant” ? Et si l’on prêtait attention au fait que les territoires sont toujours collés les uns aux autres ? Ne seraient-ils pas, alors, une façon pour les oiseaux de continuer à vivre ensemble en étant autrement organisés ?
Sous la plume de Vinciane Despret, oiseaux et ornithologues deviennent intensément vivants et extrêmement attachants. À l’issue de ce livre, on ne devrait plus considérer la notion de territoire comme allant de soi. Et l’on n’entendra peut-être plus de la même façon les oiseaux chanter.

Habiter en oiseau est paru chez Actes Sud en Octobre 2019.

La réflexivité: De la vertu épistémologique aux versions mises en rapports, en passant par les incidents diplomatiques

Dans cet article rédigé avec François Thoreau, nous proposons la mise en œuvre d’un dispositif d’enquête que nous qualifions de « diplomatique ». L’objet de cette enquête est la question de la réflexivité des scientifiques. Tout au long de l’article, nous explorons avec les scientifiques que nous avons rencontrés différents modes sur lesquels peut se décliner cette « réflexivité ». Toutefois, chacun de ces modes nous invite à considérer plusieurs manières de partager ce problème et de le construire avec eux. Chemin faisant, il n’y a donc pas que la question de la réflexivité qui bifurque, mais également le sens même de l’approche diplomatique pour laquelle nous avons opté. C’est à cette exploration conjointe des significations de la réflexivité des scientifiques et des modalités de la diplomatie que nous convions le lecteur.

L’article vient de paraître dans la Revue d’anthropologie des connaissances. Il peut être intégralement consulté et téléchargé en cliquant ici.

Les « morts utiles », revue Terrain

1559392_10152035950018481_2106843390_o

« Les morts utiles », dernier numéro de Terrain, avec des articles superbes de Magali Molinié, Alexa Hagerty, Joël Noret, Olivier Alllard, et bien d’autres encore.

La table des matières complète est disponible ici, et le texte intégral est accessible en ligne. Les articles peuvent être téléchargés en PDF pour les universités abonnées (dont l’ULB, où je salue mes ami.e.s en passant).

Wallonne de l’année!

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

C’est avec plaisir et honneur… Allons, trêves de discours, foin de la modestie: j’ai été élue Wallonne de l’année 2013!

11cc72621196b0df3a5112517321231eLa philosophe, psychologue et éthologue de l’Université de Liège Vinciane Despret s’est vu attribuer le Prix Bologne-Lemaire de Wallonne de l’année 2013, indique mardi soir l’Institut Destrée. L’objet de ce prix, décerné depuis 1996, consiste à honorer une personne « qui, par son action sociale, économique, politique ou culturelle a le mieux servi les intérêts de la société wallonne ». Vinciane Despret succède à l’économiste, professeur et expert Roland Gillet.

Spécialisée en éthologie, Vinciane Despret est chef de travaux à l’Université de Liège, maître de conférences à l’Université libre de Bruxelles et participe à de nombreux colloques et études portant notamment sur la relation du scientifique à l’animal, objet de son étude.

Dans son dernier ouvrage (« Que diraient les animaux si on leur posait les bonnes questions ? « ), la lauréate « bouscule nos idées reçues et montre, avec beaucoup d’humour, combien mammifères et oiseaux sont plus intelligents que nous le croyons », explique l’Institut Destrée.

Le jury, composé des anciens lauréats du prix, a surtout été sensible « à la manière brillante dont elle vulgarise ses connaissances pluridisciplinaires grâce à des questionnements très pertinents qui interrogent l’être, la citoyenneté, la nature et la société. Le jury a également été très attentif au rayonnement international auquel Vinciane Despret contribue en valorisant ses travaux – et par là son université et sa région – à l’étranger. »

Elle succède notamment à Luc et Jean-Pierre Dardenne, Philippe Suinen, Jean-Michel Saive, Bernadette Mérenne-Schoumaker, Benoit Coppée, Marie-Cécile Bruwier ou encore Jean-Michel Foidart.

On en parle dans La Libre et à la RTBF.

« Cette façon de mettre tous les animaux dans le même sac, je trouve cela inquiétant. Dire « les animaux sont différents des hommes« … Mais on parle de qui? De la tique, du bonobo, de l’araignée, du poisson? Et puis, des quels humains parle-t-on? Des hommes? Des femmes? Et de quelle culture? Et est-ce qu’ils sont d’accord qu’on les différencie des animaux? Bref, je pense que c’est aller un peu vite en besogne et que c’est un universel qui s’impose un peu trop rapidement ».

Vinciane va encore faire des histoires

FEG_visuel2014Le vendredi 7 mars à 20h au Centre culturel de Seraing,

Vinciane DESPRET … Vinciane va encore faire des histoires !

Perforconférence :  A one thousand and one women show 

Une conférence spectacle d’hommage aux femmes qui ont su faire des histoires, à ces mille et une femmes qui n’ont pas accepté ce qu’on raconte d’habitude, à celle qui a montré que les rattes n’ont pas une sexualité vertueuse, à celle qui a découvert que les femelles chez les babouins ne sont pas des suivantes soumises, à celle qui dit que les hommes ont inventé beaucoup de choses mais qu’ils auraient aussi bien fait de s’abstenir, à ces mille et une femmes qui ne s’en sont pas laisser conter mais ont proposé de faire des histoires et, surtout, d’autres histoires.

Dans le cadre du Festival « Femmes en états de Guerre », organisé par le Centre culturel de Seraing. Le programme complet est disponible ici.

Entrée : 3 €

Infos/Réserv :
04/337.54.54
Centre culturel de Seraing
44, rue Renaud Strivay
4100 Seraing

From secret agents to interagency

Secret_Agent_Man__by_LiteFireDarkSome scientists who study animals have emphasized the need to focus on the “point of view” of the animals they are studying. This methodological shift has led to animals being credited with much more agency than is warranted. However, as critics suggest, on the one hand, the “perspective” of another being rests mostly upon “sympathetic projection,” and may be difficult to apply to unfamiliar beings, such as bees or even flowers. On the other hand, the very notion of agency still conveys its classic understanding as intentional, rational, and premeditated, and is still embedded in humanist and Christian conceptions of human exceptionalism. This paper seeks, in the first part, to investigate the practical link between these two notions and the problems they raise. In the second part, following the work of two historians of science who have revisited Darwin’s studies of orchids and their pollinators, it will observe a shift in the meaning of the concept of agency. Indeed, creatures may appear as “secret agents” as long as we adopt a conventional definition of agency based on subjective experience and autonomous intention. However, when reframed in the terms of “agencement”—an assemblage that produces “agentivity”— agency seems to be much more extensively shared in the living world. We will then explore some of the concrete situations in which these agencements are manifested, and through which creatures of different species become, one for another and one with another, companion-agents. Read the full paper.

Keywords: animals, agency, perspective, agencement, co-evolution, affinities

This paper is published in History and Theory, Issue 52 (December 2013), pp. 29-44.

En finir avec l’innocence. Dialogue avec Isabelle Stengers et Donna Haraway

En finir avec l’innocence. Dialogue avec Isabelle Stengers et Donna Haraway

Bouguereau-LinnocenceJe souhaiterais explorer la thématique de l’innocence, récurrente dans le travail de la philosophe; la non-innocence de l’écriture, d’une part, qui s’avère technique — je souhaiterais l’aborder dans sa dimension la plus pratique: comment, pourquoi —, la non-innocence ensuite comme thème récurrent de ses derniers écrits quand elle explore les rapports avec les animaux, et multiplie et complique chaque question. On les retrouve dans son appel à des personnages de trickster, à l’avocat du diable, ….La non-innocence semble forcer à déplier les problèmes, à explorer des plis inattendus et non-perceptibles, à créer de l’inconfort sans cependant paralyser l’action et la pensée. La thématique ferait-elle partie d’un arsenal pragmatique?

Cette interview croisée d’Isabelle Stengers et Donna Haraway a été publiée dans un volume collectif, « Penser avec Donna Haraway« , paru aux PUF sous la direction d’Elsa Dorlin et Eva Rodriguez. Pour le lire le chapitre en entier: En finir avec l’innocence.

Penser par les effets

ectoplasmDe nombreux travaux tendent à le montrer, nombreuses sont aujourd’hui les personnes qui conversent avec leurs morts. Ces travaux annoncent une rupture avec les théories usuelles du deuil selon lesquelles les relations avec les défunts persévéreraient à un niveau purement intrapsychique. Ce phénomène n’est pas étranger au parti-pris méthodologique adopté par ces enquêtes qui se refusent à déterminer, à priori, le statut de réalité des êtres impliqués. Une analyse de la manière dont les personnes parlent de la vitalité de leurs défunts montre, en outre, qu’elles-mêmes construisent leur discours de telle sorte à autoriser cette suspension de jugement, notamment en utilisant quantité de stratégies ou de ressorts narratifs pour maintenir l’équivoque.

Cet article a été publié dans la revue Etudes sur les morts. Thanatologie, n° 142, 2012/2.

Lire l’article complet.

Mots clés: défunts, pragmatisme, théories de l’action, equivocations, signes.