Composer avec les moutons

composer-avec-les-moutonsSi les moutons traînent derrière eux une réputation d’animaux stupides, c’est la faute de Panurge. Or les moutons n’adoptent de comportement « moutonnier » que lorsqu’ils sont d’accord et y trouvent de l’intérêt : il n’y a pas de moutons idiots, juste des animaux « mal élevés ». Une philosophe et un écologue ont retracé, avec une dizaine de bergers, une aventure rarement évoquée, celle où des animaux apprennent à des humains à leur apprendre. Leur objectif : comprendre comment cet apprentissage se construit.
Cet ouvrage révèle un fait peu connu : bergers et brebis sont engagés dans une conversation permanente, faite d’apprentissages réciproques et de respect. Ensemble, ils créent de la cohérence et cultivent l’idée de ce que peut être la possible beauté du monde. Les moutons font mieux : ils réalisent cette idée. Et ils le font, notamment, en mangeant.
Composer avec les moutons, voilà ce qu’apprennent à faire, au quotidien, ces bergers. Humains et animaux s’engagent ensemble dans la création, non seulement d’un accord, mais également d’un éthos des manières d’habiter le monde. Tout un art de reconstruire l’étoffe un peu partout abîmée des continuités sensorielles. C’est cela aussi, composer avec les moutons.

Composer avec les moutons est paru aux éditions Cardere en janvier 2016.

Au bonheur des morts

Au bonheur des morts est paru en ce début octobre!

aubonheurdesmorts« Faire son deuil », c’est l’impératif qui s’impose à tous ceux qui se trouvent confrontés au décès d’un proche. Mais se débarrasser de ses morts est-il un idéal indépassable auquel nul ne saurait échapper s’il ne veut pas trop souffrir ?

Vinciane Despret a commencé par écouter. « Je disais : je mène une enquête sur la manière dont les morts entrent dans la vie des vivants ; je travaille sur l’inventivité des morts et des vivants dans leurs relations. »

Une histoire en a amené une autre. « J’ai une amie qui porte les chaussures de sa grand-mère afin qu’elle continue à arpenter le monde. Une autre est partie gravir une des montagnes les plus hautes avec les cendres de son père pour partager avec lui les plus beaux levers de soleil. À l’anniversaire de son épouse défunte, un de mes proches prépare le plat qu’elle préférait, etc. »

L’auteure s’est laissé instruire par les manières d’être qu’explorent les morts et les vivants, ensemble ; elle a appris de la façon dont les vivants qu’elle a croisés se rendent capables d’accueillir la présence des défunts. Chemin faisant, elle montre comment échapper au dilemme entre « cela relève de l’imagination » et « c’est tout simplement vrai et réel ».

Depuis un certain temps les morts s’étaient faits discrets, perdant toute visibilité. Aujourd’hui, il se pourrait que les choses changent et que les morts deviennent plus actifs. Ils réclament, proposent leur aide, soutiennent ou consolent… Ils le font avec tendresse, souvent avec humour.

On dit trop rarement à quel point certains morts peuvent nous rendre heureux !