« Que diraient les animaux si… », Grandes Conférences liégeoises

Le 17 janvier dernier, j’étais l’invitée des Grandes conférences liégeoises.

Conférence prononcée dans le cadre des Grandes conférences liégeoises le 17 janvier 2013. Télécharger le texte.

Vinciane Despret
Département de Philosophe
Université de Liège

 

Dans le Morning Herald du 14 février 1829, on pouvait lire ceci:  une femme du village de Mansfield, en Angleterre, avait promis à une  amie très proche, sur son lit de mort, qu’elle déposerait dans son cercueil, un paquet de lettres autrefois écrites par son fils défunt. Or, dans le désarroi du chagrin, elle a oublié. Elle resta désemparée jusqu’à ce que peu après, le facteur de ce même village décède. Elle alla donc voir la famille du facteur et lui demanda la permission de déposer les lettres dans le cercueil de ce dernier. Elle savait qu’elle pouvait avoir confiance dans le fait qu’il serait aussi diligent comme facteur dans l’autre monde qu’il l’avait été dans celui-ci[1].

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Eh l’animal ! Tu m’écoutes quand je te parle ?

J’étais l’invitée de l’émission « Pas la peine de crier » animée par Marie Richeux.

Troisième escale de notre semaine placée sous le signe de l’animalité (Tome 1, Apprivoiser. Non ; Tome 2, La leçon de l’écuyer). Notre invitée Vinciane Despret, philosophe, interroge les dispositifs à partir desquels nous entrons en contact avec les animaux. Elle est l’auteure de Que diraient les animaux si… on leur posait les bonnes questions ? (La Découverte, Les Empêcheurs de penser en rond, 2012).

Lundi la chorégraphe Mylène Benoit évoquait son rapport non apprivoisé aux interprètes, au public, à la danse. Hier, nous tentions de mettre des mots sur l’indicible lien qui unit le cavalier à son cheval dans les dressages les plus fins. Aujourd’hui nous poserons les bonnes questions aux animaux. Ou plutôt nous nous poserons à nous, les bonnes questions sur eux. Ou encore nous nous poserons à nous, les bonnes questions sur nous, profitant de ce que l’on peut apprendre d’eux. En fait, tout réside peut-être dans cette idée de poser la bonne question. De bien la poser. C’est-à-dire, j’imagine, à la façon dont on la met en œuvre par l’expérience et l’observation. Mais aussi de quels a priori on se déleste en la posant, et de quelle façon on envisage un monde, celui des animaux, sans trop le considérer étranger. Il y a de l’empathie certes dans ce fonctionnement, mais elle est technique, et l’effet de miroir qui existe dans l’analyse et l’observation des comportements animaux ne doit pas effacer l’idée que ces observations, si elles nous concernent, humains, renvoient d’abord à eux, animaux. L’analogie entre les hommes et les bêtes n’est pas une pratique neuve, elle ne cesse pourtant de démontrer son potentiel éclairant.

Notre invitée, Vinciane Despret, est philosophe des sciences et enseigne à l’université de Liège. Elle publiait l’an passé Que diraient les animaux si…on leur posait les bonnes questions, aux éditions de La Découverte.

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